Les réactions n'ont pas tardé à fuser contre cette décision notamment en provenance de la France où la présidente d'Areva, Anne Lauvergeon qui s'inquiète que cette décision politique ne fasse pas suite à un référendum. Les Tweets et les blogs n'ont pas tarder à relayer cette idée de référendum. En effet, à l'image du site, effets de terre, l'idée d'un référendum en France sur la sortie du nucléaire dans l'hexagone ne semble pas déplaire puisqu'à l'heure actuelle 70% des français se sont prononcé pour un arrêt progressif des centrales (sondage réalisé par l'IFOP du 15 au 17 mars à la demande d'Europe Ecologie) et que chez leurs voisins suisses ce pourcentage monte à 80.Un rapport parlementaire pointe du doigt l'augmentation du temps de coupure moyen hors événement exceptionnel sur l'ensemble du territoire français. Principal responsable de cet état : le manque d'investissement d'EDF dans sa filiale de distribution de basse et moyenne tension (ERDF). Durant les années 90 et 2000, le géant de l'électricité en France a préféré augmenter sa rentabilité afin que la privatisation se fasse dans un climat de confiance du côté des investisseurs puisque l'argent non utilisé a servi à réduire la dette du groupe et à se concentrer sur la production d'électricité qui est beaucoup plus rentable que l'entretien du réseau. De 50 minutes de coupure moyenne par an, la France est passée à 84 minutes. Une hausse de 68% qui n'a pas manqué de mettre la lumière sur un dysfonctionnement dans le réseau électrique français mais surtout dans son financement qui est maintenant une affaire de fonds privés. L'autre facteur d'aggravation est le recours de plus en plus systématique à la sous-traitance des travaux de maintenance. Le personnel qualifié d'ERDF a été substitué par des travailleurs de sociétés privées qui sont de plus en plus souvent intérimaires.
Un renouveau dans les investissement au niveau de l'ERDF ces dernières années devrait permettre de rétablir ce qui était la norme dans le début du millénaire et dans un monde où l'accès à l'électricité est considéré comme un droit fondamental.
Afin de rattraper le retard qu'elle a pris en considérant le secteur éolien comme une industrie gadget, la France va investir massivement dans l'éolien et principalement l'éolien offshore. En lançant un appel d'offre de 10 milliards d'euro, elle espère fournir aux acteurs locaux l'occasion de développer un vrai tissu d'emploi dans le domaine et dépendre moins de l'étranger puisqu'à l'heure actuelle, les principaux fournisseurs d'éoliennes en France sont Vestas (Danemark) et Siemens (Allemagne). L'ensemble des projets devra permettre la production de 3 000 mégawatts. Le but est d'avoir à terme 6 gigawatts d'électricité provenant de l'éolien offshore et d'investir au total 15 à 20 milliards d'euros.
Le principal problème auquel les porteurs de projets risquent d'avoir à faire est l'opposition locale. Les élus et entrepreneurs locaux ne voient pas d'un bon œil, l'installation de parcs d'éoliennes à quelques kilomètres des côtes touristiques ou dans les zones de pêche. Cependant, il semble improbable d'atteindre les objectifs fixés en matière d'énergie renouvelables sans avoir recours à l'éolien offshore.
La mesure phare du Grenelle II de l'environnement en matière éolienne est la mise en place d'un minimum d'éoliennes pour un parc donné. Ce minimum serait fixé à 5, ce qui met de facto les petits projets hors course. Les petits entrepreneurs semblent ne pas être surpris par ces dispositions qui favorisent les géants de l'électricité éolienne qui auront les moyens financiers pour aller au travers des différentes procédures d'installation et qui pourront investir suffisamment ou à défaut emprunter pour pouvoir financer des projets dépassant 5 éoliennes.
Le message envoyé par le gouvernement est si vague que même EDF Énergies Nouvelles ne s'y retrouve pas et s'étonne de ne pas avoir été sollicité pour la construction d'usine de fabrication. Au final, l'entreprise craint que ce ne soient les industriels étrangers qui raflent le marché (Siemens l'allemand et Vestas le danois). Mais les craintes portent surtout sur le caractère populiste du projet de loi. L'éolien n'étant que peu accepté en France, l'idée serait de mettre en place un projet de loi qui d'aspect extérieur vise à favoriser les développement éolien avec des quotas à atteindre mais qui en fait serait tellement contraignant qu'il serait possible d'affirmer que l'éolien ne fonctionne pas en France.
Au final, il semble important que les grands noms de l'énergie en France restent inchangés pour les années à venir. Il est clair pour beaucoup de professionnels du secteur que ce projet de loi vise à maintenir l'énergie nucléaire et protéger Areva qui travaille dans l'éolien aussi mais sur de gros projets.
http://www.lesechos.fr/info/energie/020599338091.htm
La production électrique éolienne en France a augmenté de 47% au premier trimestre 2010. Alors que la croissance avait été bonne et soutenue durant l'ensemble de l'année 2009, un net ralentissement du raccordement de nouvelles installations au réseau est à noter pour cette période (+2%). Le total d'énergie éolienne raccordée est de 4726MW pour l'ensemble du territoire et les régions qui ont bénéficié le plus de cette augmentation sont les pays de la Loire et la Champagne-Ardennes.
http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/121_CS_eolien_cle04c6c1.pdf
EDF énergies nouvelles vient de conclure un bail avec le ministère français de la défense pour aménager sur une base aérienne désaffectée de l'OTAN une centrale électrique solaire capable de fournir en électricité 62500 habitants. 140 hectares de terrains seront couverts de panneaux photovoltaïque pour permettre la production de 143 MW d'électricité. Le choix de la région peut sembler incongru étant donné le nombre d'heures d'ensoleillement direct de la région mais EDF énergies nouvelles entend bien profiter de la surface immense pour lancer le projet d'énergie solaire le plus ambitieux du monde. L'investissement total s'élève à 434 millions d'euros et devrait commencer à produire de l'énergie en 2012.