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Libye : un conflit pour le pétrole

le 21/04/2011 à 12:31:49

L'intervention en Libye a été justifié comme un appui aux insurgés qui depuis les années 1990 essayent de renverser le pouvoir. Cet appui tardif peut s'expliquer par une mauvaise coordination de l'opposition et par le début d'émeutes dans le pays. Le premier pas fut en tout cas de promettre une zone d'exclusion aérienne et de faire voter cette résolution par l'ONU. Après plusieurs semaines de conflit, l'enlisement est le même qu'en Irak et les raisons du conflit sans doute les mêmes.

Un pétrole peu exploité

Suite à la politique du colonel Kadhafi, les embargos se multiplient contre ce pays désertique. Les réserves de pétrole sont donc pas ou peu exploitées pendant de nombreuses années. Après une ouverture à l'ouest suite à la condamnation des attentats du 11 septembre 2001, le pays s'ouvre à l'exploitation avec des réserves prouvées qui placent encore la Libye à la 9ème place mondiale en 2009 (source BP). Cependant, le sol et les eaux territoriales du pays pourrait cacher beaucoup plus du précieux liquide. Il est d'autant plus précieux que son extraction est aisée et qu'il est de bonne qualité. En ajoutant à cela qu'il est proche du centre de consommation européen, le pays est l'endroit rêvé pour les compagnies européennes. D'autant plus que les compagnies pétrolières ont connu une année 2009 difficile au niveau financier et que BP doit payer les dégâts occasionné par l'accident sur une de ses plate-formes d'exploitation.

Des insurgés qui ne correspondent pas aux standards occidentaux

Contrairement à la Tunisie où l'insurrection est populaire, la révolte libyenne est mené par des groupes déjà formés. Ces groupes ont plusieurs fois affiché une opposition farouche à la laïcité pourtant si chère à beaucoup de pays d'Europe et un attachement presque aussi farouche aux valeurs du coran. De plus, un de ces groupes est ouvertement affilié à la branche d'Al Qaeda pour le Magrheb. Le dictateur libyen a d'ailleurs utilisé cet argument pour justifier son maintien au pouvoir.

Un soutien mitigé à l'intervention

La France dépendante du pétrole libyen est la première à reconnaître les insurgés au grand dam de l'Allemagne qui voit une révolution brouillonne dans cette insurrection. L'Europe dans son ensemble ne soutient pas l'intervention en Libye et c'est finalement l'OTAN qui se lancera dans l'opération mais sans l'appui de quelques membres.

Une action préparée ?

La non-intervention dans plusieurs autres pays du monde où les révoltes sont plus populaires et où les réserves de pétroles sont moindres semblent appuyer le fait que la Libye a un intérêt stratégique. Le soutien à l'insurrection pour l'éclosion d'une république démocratique et laïque ne peut pas être l'excuse du fait de la position de certains insurgés et de la non-interventions dans les pays tiers.

Alors, la raison économique prévaut alors que les prix de l'énergie flambent dans la plupart des pays du monde. Les compagnies pétrolières ont tout intérêt à développer leurs exploitations dans des pays proches des marchés avec un cadre peu restrictif et plus ou moins stable que n'offre pas l'administration Kadhafi.De plus, la dépendance au pétrole libyen en Europe force les raffineurs européens à compenser la perte de cette source d'approvisionnement par d'autres circuits.

Les compagnies d'armement, notamment françaises, ne peuvent pas voir cela d'un mauvais oeil puisque l'argent dépensé par la Libye pour s'armer et par les alliés pour soit-disant soutenir une révolte populaire revient directement dans leurs caisses.

D'autre part, la baisse soudaine des principaux indices boursiers est compensée par l'annonce de l'intervention militaire en Libye. Il est alors facile de conclure que le marché attendait cette action de la part des gouvernements par les investisseurs.



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